Un inventaire à la Prévert: Un sourire Deux mains Trois promesses Quatre vers L'encre de marie.b
C’est maintenant une interférence entre ma femme et moi. Un larsen qui vient grésiller au milieu de ce que je pensais n’être qu’harmonie. Le constat est amer et j’en veux à la vie. Oui à la vie. N’as-tu jamais eu cette sensation étrange d’être passé à côté d’une meilleure destinée ? De t’être fourvoyé sur la mauvaise voie ? C’est mon cas depuis ma rencontre avec cette femme. Pourquoi la vie ne nous a pas placés sur le même chemin plus tôt ? Je réalise que c’est auprès d’elle que je devrais être. Depuis toujours… Par ces yeux, je me découvre, je me forge, je suis vivant. Je suis. Je pourrais me fondre en elle pour renaître en nous. Mais c’est trop tard, il est toujours trop tard même si les poètes clament le contraire. Un sale tour du destin « Vous vous croiserez, vous vous reconnaitrez et devrez vous fuir… » Entre le sixième et le neuvième commandement. Il est loin le Sinaï et pourtant…
Cette femme, je ne l’ai jamais rêvée, comment aurais-je pu imaginer pareille osmose ? Elle s’est imposée à moi comme une évidence et maintenant, elle est en moi à chaque instant. Voir, entendre, goûter, sentir, toucher… Ces verbes n’ont plus de résonnance en moi parce que je ne peux les partager avec elle. Que me reste-t-il ? Paraître celui que tous veulent voir, sourire quand le cœur saigne, espérer quand l’âme n’a plus d’écho…
Se tenir debout mais se savoir mort en dedans.