Un inventaire à la Prévert: Un sourire Deux mains Trois promesses Quatre vers L'encre de marie.b

— Je vais te raconter une histoire qui maintenant prête à rire. Comme je te l’ai déjà dit, ma sœur Yvette et moi dormions dans la même chambre que nos parents, faute de place. Bien sûr, nous entendions lorsqu’ils faisaient… euh… Tu comprends quoi. Un soir, pendant qu’ils « le » faisaient, ma mère s’est levée brusquement, a éclairé la lampe et s’est exclamée à s’adressant à mon père : Mé dé quès aquo qué mé rascle ?[6]. Mon père a répondu, impassible et sûr de lui, qu’il en avait marre de faire autant d’enfants et qu’il avait trouvé un moyen pour y remédier. Il avait fabriqué, à l’aide d’une chambre à air de bicyclette, une capote artisanale.
Nous avons de la peine à garder notre sérieux suite à cette anecdote. Puis Alma ajoute, entre deux cris (indissociables de ses fous rires.)
— Le pire, Nénée ! C’est qu’il avait soigneusement découpé les deux extrémités du boyau pour en faire une sorte de tube souple.
Les rires s’amplifient. Après une très longue pause durant laquelle nous replaçons nos zygomatiques distendus, nous retrouvons enfin un semblant de sérieux et reprenons le fil.
— Mais enfin ! Il n’avait pas compris que sa semence ne devait pas atteindre son but ?
— Eh bien ! Je pense que non !
Tout cela me fait penser à une autre anecdote.
J’explique à Alma que lorsque le sida a fait son apparition, le corps médical est parti en mission d’information dans les tribus reculées d’Afrique. Les femmes, informées et conscientes du fléau, ont exigé de leurs partenaires l’utilisation des préservatifs. Les hommes finirent par se plier à leur requête mais à une condition. Découper l’extrémité car c’était pour eux une forme d’humiliation de ne pouvoir disséminer leurs semences à ces dames.